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Une collaboratrice en mission humanitaire avec la Fondation

 Toutes les choses que nous faisons sont insignifiantes cependant il est indispensable que nous les fassions » Gandhi.

Maud Descamps, collaboratrice Accor, est partie à Manille dans l’ONG Virlanie pour 5 mois de mission humanitaire.

« Quand on a le goût du voyage, le coeur à la rencontre et le désir de se mettre, un temps, au service des autres, on est prêt pour le volontariat international. Mais quand on est en poste dans une grande entreprise, qu’on a certaines « responsabilités », des aspirations de carrière et aussi un loyer à payer, on envisage difficilement de tout lâcher, même temporairement, pour ce rêve précaire.

Sauf si l’on obtient l’accord de son employeur pour partir en congé international de solidarité dans une ONG à l’étranger entre 1 et 6 mois !

J’ai donc sollicité la Fondation Accor implantée dans 88 projets dans 30 pays différents. En m’orientant vers l’ONG Virlanie basée à Manille aux Philippines, elle m’a permis de répondre à cet objectif personnel qui était de m’inscrire dans un autre rapport au temps et aux gens.

Sur le papier j’étais prévenue de la mission et de la vie qui m’attendaient à Manille; mais le papier (ou plutôt le mail) que l’on le reçoit quand on est en France, confortablement installé dans sa vie dorée, ne fait écho à rien de vraiment angoissant. Pourtant les questionnements sur le sens de cette décision prise depuis mon doux cocon parisien et l’angoisse sourde «de ne pas y arriver » ne m’ont pas quitté les premiers jours.

L’adaptation étant la plus sûre des alliées, j’ai accepté que le temps qui lui est impartie soit incompressible, temps qui au final a su apaiser mes tourments et me donner à vivre au delà de mes espérances. Pendant près de 5 mois, je me suis investie au sein d’une des maisons d’accueil de Virlanie, la maison « mère et enfants », en mettant en place trois demi journées par semaine des cours de cuisine, des parties de scrabble et des ateliers massage/relaxation. Une après midi par semaine, je transformais la playroom en “salon” de massage pour en faire une petite bulle de bien-être où les mamans apprenaient chacune à leur tour les bases du massage et profitaient d’un moment de répit sans leur enfant. Mais à ma grande surprise, ce qui a le plus enthousiasmé les mamans furent les parties de scrabble, véritables apartés intellectuelles vectrices de liens et source de progrès linguistiques et cérébraux. Peu à peu, en dehors des heures planifiées d’activité scrabble, les mamans et les membres du personnel de la maison se lançaient, autonomes, dans d’interminables parties, enrichissant ainsi leur vocabulaire en anglais et sortant par là même et pour quelques heures de leurs rôles exclusifs de mères nourricières et ménagères. 

Le reste de mon temps fut partagé entre matinées au RAC (la prison locale) à animer des activités manuelles pour les enfants en détention et à l’office de Virlanie au sein de l’équipe sponsorship-communication sur des sujets aussi divers que : réaliser une photothèque solide, faire des interviews à poster sur le site internet et surtout démarcher de nouveaux sponsors. Un emploi du temps varié et idéal m’ayant permis d’être au coeur des problématiques de l’ONG et de ses réalités terrains.

Au final, je trouve que l’engagement « humanitaire » demeure une expérience paradoxalement généreuse. Si peu de don de soi pour tant d’apprentissages, d’évolutions personnelles : le plaisir de la découverte, l’intérêt de la rencontre, de l’échange avec des hommes, des femmes et des enfants si différents souvent, et pourtant si proches dans leur humanité. Un sourire, un échange, un silence … la joie d’être là. Sentir, écouter, apprendre. La délicieuse sensation, surtout, de se sentir utile toute en s’accomplissant soi-même. »